COP21 à Paris : les acteurs prennent leur place

Le 30 novembre, des représentants des nations du monde arriveront à Paris avec l’intention d’établir un accord global pour lutter contre le changement climatique. À Copenhague en 2009, le manque d’inputs des participants avant la conférence avait freiné les efforts des négociateurs danois et la COP15 s’était terminé sans accord. Cette fois-ci, les coordinateurs français ont impliqué les participants en amont, en leur demandant de définir des engagements volontaires avant le colloque COP21. Un appel auquel 190 pays ont répondu. Cette approche est flexible et adaptable aux particularités de chaque pays, mais elle engendre un engagement endogène à la fois. Des études en sciences politiques stipulent que l’on est plus susceptible de respecter des règles lorsque l’on a aidé à les mettre en œuvre.

Ainsi, les propositions des grands pollueurs, la Chine et les Etats-Unis, restent à ce jour les plus importantes et reflètent aussi une nouvelle situation politique. Des politiques visant à mieux respecter l’environnement sont devenues plus facile à justifier. En 2030, les chinois prévoient d’atteindre leur pic de consommation de charbon, le combustible fossile le plus polluant, et diminueront leurs émissions de CO2. En parallèle, cela permettra à la Chine de réduire sa pollution atmosphérique extrême afin de limiter les maladies respiratoires associées. Par ailleurs, le « Plan d’Energie Propre » du Président Obama réduira les émissions du secteur électrique américain d’un tiers par rapport au niveau de 2005. Cela équivaudra à retirer 166 millions de voitures du marché. Pourtant, les Etats-Unis réduiraient quand même les émissions GHGs grâce à l’explosion de la production de gaz de schiste.

Parmi les propositions de pays participants à la COP21, nombreuses sont celles visant à diminuer les émissions par le biais des énergies renouvelables.  En Allemagne, les énergies renouvelables sont la fondation même de la transition énergétique. Les autres pays européens briguent également un mix énergétique dominé par les énergies renouvelables. Cela encourage la recherche et le développement des technologies de l’énergie propre, plus efficaces et abordables. L’infrastructure, les outils financiers, les solutions techniques sont aujourd’hui manquants et leur mise en pratique requiert du temps et des fonds. Ainsi, l’on atteindrait une économie européenne plus verte, plus durable, plus noble, mais à l’horizon 2050.

D’ici là, l’Europe doit s’attaquer au charbon: le pire ennemi de la lutte contre le changement climatique. Sa combustion produit le double d’émissions par rapport au gaz naturel, en revanche le charbon est peu coûteux et peut suppléer l’intermittence des énergies renouvelables.

Le gaz naturel, pour sa part, répond également à l’abondance de demandes et à l’intermittence de l’éolien et du solaire sur le réseau électrique. En réalité, l’infrastructure énergétique actuelle répond aux besoins des centrales de charbon et de gaz et est déjà en place à des coûts non récupérables pour les investisseurs. Ainsi, il n’est pas possible d’adapter toutes les infrastructures, ni les mécanismes du marché, aux besoins des énergies renouvelables d’un seul coup sans gros choc économique. Le gaz naturel est le substitut le plus évident du charbon restant, nous permettant de switcher assez efficacement vers un combustible à l’intensité en CO2  moindre. Chaque 1% de la production globale de charbon substituée par le gaz naturel, peut nous faire économiser les mêmes émissions des GHGs  que s’il y avait une augmentation de 11% de la production énergétique des énergies renouvelables.[i]

Le gaz naturel peut nous accompagner pendant la transition vers un futur vert, car celui-ci n’arrivera pas tout de suite. Pourtant sans une augmentation importante du prix du CO2, le gaz naturel restera probablement plus cher que le charbon en Europe. Ces conditions économiques empêchent que la consommation du charbon diminue plus vite. Cela met en danger la capacité des européens à atteindre leurs objectifs de réductions des émissions GHGs.

Ceci est encore plus important dans les pays défavorisés car l’énergie est le moteur du développement économique. L’électrification de l’Afrique sub-saharienne et de l’Asie du Sud améliorera les vies de milliards de personnes. En Europe et en Amérique, l’industrialisation nous a permis de mener à une qualité de vie incroyable par rapport à nos ancêtres. Pourtant, si les pays moins développés à ce jour suivent le même chemin, l’effet sur la planète et le climat sera apocalyptique. Cependant il est extrêmement injuste et impossible de nier leur droit au développement.

C’est pour cette raison que l’Inde est un participant crucial pour la COP21. Ce pays sera le moteur de la croissance pendant les prochaines décennies, comme la Chine l’a été durant les précédentes. L’Inde sera aussi plus peuplée que le Chine dans quelques années. Le charbon constitue environ 40% du mix énergétique tandis qu’environ 25% de la population vit toujours sans électricité. Le charbon de bois et le bois, étant peu coûteux, ils restent des sources d’énergie très importantes. Leur combustion produit du monoxyde de carbone qui est fatal pour les humains à l’inhalation. De plus, un mélange des GHGs très puissants est émis lors de la combustion, y compris les particules, le dioxyde de soufre et le CO2.  Les indiens ont besoin d’une énergie moderne et propre.

A ce jour, la plupart de pays développés est parvenue à découpler la croissance économique et la croissance de consommation énergétique. Au cours du siècle dernier, celles-ci ont augmenté en tandem lorsqu’un pays s’est industrialisé. L’Inde doit se développer en délaissant les combustibles fossiles pour passer directement aux énergies propres: il faut un saut technologique. 

Les indiens ont annoncé leur intention de produire 40% de leur électricité de façon renouvelable d’ici à 2020. À part la Chine, l’Inde était la seule à bloquer un accord global à la COP17 de 2011. Son engagement récent rend la probabilité d’obtenir un accord à Paris très probable, mais l’aspect financier reste important. Le saut technologique nécessaire pourra se réaliser grâce à l’importation des nouvelles technologies et grâce aux investissements étrangers. À Copenhague, 100 milliards de dollars, chaque ans jusqu’à 2020, étaient consacrés aux pays défavorisés pour soutenir le développement des énergies propres, efficaces et renouvelables. Cela doit être encore ratifié à Paris. La Grande Bretagne et la France sont parmi les pays qui ont déjà augmenté leurs engagements financiers. On peut donc s’attendre à des résultats tangibles.

L’épineuse question qui reste concerne les pays qui ne bénéficient pas de l’influence des grands moteurs de croissance économique, surtout les îles nations qui souffrent déjà face à l’élévation du niveau de la mer et l’augmentation de cyclones plus violents. Est-ce que les représentants du monde se soucieront d’eux à la COP21?


 

[i] According the BP’s 2014 Annual Energy Outlook

 

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2 thoughts on “COP21 à Paris : les acteurs prennent leur place

  1. Sorry the last two have been written in French.

    Is it possible to be put back to an English version please?

    Kim regards

    Gary from sunny Cambridge .

    Sent from my iPhone

    >

    Like

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